Moins visibles, plus attaquées : face à ce constat, l’impact du travail de CFI pour une plus forte représentation des femmes dans les médias

Moins visibles, plus attaquées : face à ce constat, l’impact du travail de CFI pour une plus forte représentation des femmes dans les médias

Les femmes sont largement sous-représentées dans les médias(1), qu’il s’agisse du traitement éditorial ou de leur présence à des postes de journalistes et de direction. Elles sont également les cibles de menaces, de cyberharcèlement, et de campagnes de désinformation visant à les discréditer ou à les réduire au silence. Un constat sévère qui fragilise des trajectoires individuelles et qui dégrade la qualité du débat démocratique.

Selon Kirsi Madi, Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, en septembre 2025 : Les médias reflètent la réalité – et sont essentiels à la démocratie ainsi qu’à un monde juste et égal pour toutes les femmes et les filles. Mais quand les femmes sont absentes, la démocratie est incomplète.

Les femmes journalistes sont particulièrement exposées aux violences : dans une étude de 2025, 75% d’entre elles déclaraient avoir subi des violences en ligne dans l’exercice de leur métier – elles étaient 73% en 2020 – (2) , avec pour conséquences l’autocensure, le retrait des réseaux sociaux, voire l’abandon du métier(3). 
La désinformation genrée constitue une autre menace croissante : selon les fact-checkers de l’AFP, elle instrumentalise les stéréotypes de genre pour attaquer la crédibilité des femmes journalistes et des femmes politiques, sapant leur légitimité et leur participation à la vie publique(4).

Renforcer la place des femmes journalistes : une priorité de CFI, des impacts concrets

CFI, l’agence française de développement médias, agit depuis de nombreuses années pour renforcer la place et la sécurité des femmes dans les médias. Promouvoir une représentation équilibrée, lutter contre les stéréotypes, favoriser l’accès des femmes aux postes à responsabilité et soutenir leur montée en compétences font partie intégrante de son action.

En 2025, 800 femmes ont été accompagnées ou formées par CFI dans le cadre de projets de moyen ou long terme, soit près de 50% des acteurs et actrices de l’information avec qui CFI travaille. Dans certains programmes de l’agence, les femmes représentent plus de la moitié des publics. 
C’est notamment le cas dans le PAMT2 en Tunisie avec 57%, Des Médias, Une Santé en Asie du Sud-Est (66%), Expressions Balkaniques 2, un projet mené dans 6 pays des Balkans avec 75% de femmes, 75% également pour le projet Yak Vdoma en Ukraine.

Le 8 mars est un temps fort qui nous permet de mettre en lumière l’engagement constant et quotidien de CFI : faire en sorte que les femmes puissent exercer pleinement leur métier, accéder aux responsabilités, raconter leurs réalités et celles de leurs communautés, en toute sécurité. Parce qu’il ne peut y avoir de médias libres et indépendants sans les femmes.
Emmanuelle Talon
PDG de CFI

Les évaluations et bilans des projets portés par CFI témoignent de l’impact concret de son action, à court et moyen terme, en faveur d’une plus grande participation et représentation des femmes :
- Le podcast "Laissons parler les gens", développé dans le cadre du projet Kouman en Côte d’Ivoire, a enregistré entre janvier 2025 et février 2026 plus de 17,5 millions de vues cumulées, 24 000 heures de visionnage et compte 83 500 abonnements sur l’ensemble des plateformes. En donnant la parole aux personnalités victimes de cyberharcèlement et de discours de haine, le projet sensibilise massivement aux violences en ligne, notamment celles visant les femmes, et transforme un enjeu sociétal en mobilisation numérique à grande échelle.
- Le projet Media Parity, au Botswana, Malawi, Mozambique, Lesotho, Zambie, soutient 22 médias et forme 88 journalistes pour renforcer l’égalité femmes-hommes dans les rédactions. Le projet combine formations, mentorat et prévention du harcèlement afin d’améliorer la représentation des femmes dans les contenus médiatiques et de favoriser leur accès aux responsabilités éditoriales. 
- Al Qadirat a permis à 25 jeunes journalistes palestiniennes de renforcer leurs compétences, en particulier pour développer des pratiques rigoureuses de vérification de l’information en période de guerre, leur permettant ainsi de devenir des actrices de premier plan dans la lutte contre la désinformation dans la région.
- Le projet Makanati a favorisé la meilleure représentation et intégration des femmes dans les médias en Irak et au Yémen, avec notamment le renforcement de compétences de femmes journalistes (82% des effectifs) et le soutien à la production de contenus dédiés. Ce projet a permis à plusieurs femmes d’accéder à des postes de direction, et certaines sont devenues formatrices à leur tour, témoignant d’un cercle vertueux de transmission.
- Dans le cadre du projet Afri’Kibaaru 2, au Cameroun, au Sénégal, en Guinée et en Côte d’Ivoire, plusieurs dizaines de femmes ont été formées à des thèmes et compétences indispensables, parmi lesquelles la prise de parole en public et la vérification de l’information, rééquilibrant et renforçant ainsi et la place de femmes dans les médias.
- Le programme Qarib, soutenu par l’AFD, est particulièrement attentif à la participation des femmes : 48 % des productions sont réalisées par des autrices, 43 % des contenus portent sur les questions de genre, et 50 % du public des Qarib Talks est féminin. Les Qarib Awards ont également récompensé 15 femmes journalistes.
- Le projet Voix en Exil a permis à 12 femmes journalistes de poursuivre leur activité professionnelle et d’informer depuis leur exil en France. Contenus et articles à retrouver sur Mediapart et Substack.

 

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Soutenir les femmes journalistes et à des postes de direction dans les médias est certes un impératif d’égalité, mais c’est aussi une condition essentielle pour garantir une information pluraliste, inclusive et de qualité. Là où les femmes journalistes sont empêchées de travailler, menacées ou invisibilisées, c’est l’accès à une information intègre pour toutes et tous qui est fragilisé.


1. Les femmes constituent la moitié de l’humanité, mais n’occupent qu’un quart de l’actualité, alerte un nouveau rapport du Projet mondial de suivi des médias, ONUFEMMES, le 4 septembre 2025
2. Global survey reveals rising violence against women journalists, UNESCO, le 11 décembre 2025
3. UNESCO
4. La Croix

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