Présentation
La participation des femmes et des jeunes dans les médias en Afrique subsaharienne a connu des progrès notables, mais reste marquée par des défis importants. Alors que de plus en plus de femmes prennent la parole sur les plateformes numériques et traditionnelles, elles demeurent souvent sous-représentées, notamment dans les rôles de direction et de décision.
Les jeunes, quant à eux, sont les moteurs de l'innovation médiatique, contribuant massivement à l'essor du journalisme citoyen et à la diffusion des informations via les réseaux sociaux.
Cependant, ces deux groupes font face à des obstacles tels que les stéréotypes de genre, la censure et les difficultés d'accès aux formations spécialisées. Malgré ces barrières, la dynamique des médias évolue progressivement, avec une prise de conscience accrue des inégalités et une volonté d’inclure ces voix pour refléter une société plus diversifiée et inclusive.
Bénéficiaires du projet
Les bénéficiaires finaux du projet seront les jeunes résidant dans les pays d’intervention, et plus directement ceux et celles vivant dans des zones (rurales et urbaines) concernées par la crise. Ces jeunes seront plus souvent consultés pour témoigner de leur réalité, exprimer la diversité de leurs points de vue, et participer plus activement au débat public ainsi qu’au dialogue avec les autorités (administratives et traditionnelles). Au regard des pratiques de consommation médiatique des jeunes de différents milieux (ruraux et urbains notamment), le projet poursuit une approche visant à renforcer les capacités, d’une part,
(i) des radios locales notamment celles qui opèrent dans des régions éloignées des grands centres urbains et,
d’autre part,
(ii) des médias numériques que ceux-ci soient des pureplayers ou des médias traditionnels engagés dans la transition numérique.
Au-delà, l’approche multi-acteurs prendra en compte d’autres parties prenantes clés de l’écosystème médiatique qui peuvent être des agents du changement.
Actions
Renforcer les capacités de l’écosystème médiatique afin d’améliorer la qualité, la diversité et l’attractivité des contenus produits par les médias, notamment à destination des jeunes et des femmes
- Cette composante vise prioritairement à renforcer les capacités de 5 à 8 radios de proximité et 5 à 8 médias numériques par pays, afin de leur permettre de mieux aux besoins de participation au débat public local des jeunes, à travers la diffusion de contenus d’information généraliste ou thématique attractifs en français et en langues locales, et des espaces d’expression citoyenne. Les activités s’adresseront à tous les personnels des médias (managers, journalistes, animateurs, techniques et administratifs) et interviendront aux niveaux éditorial, technique et managérial, et de manière sensible au genre.
- L’approche de formation personnalisée sera couplée à la création d’un fonds de soutien en équipement qui permettra de répondre à des besoins identifiés par les médias bénéficiaires.
- Des partenariats seront proposés à des institutions d’enseignement au journalisme, et le projet cherchera également à impliquer les instances de régulation des trois pays partenaires.
Soutenir et stimuler la production et la diffusion de contenus en langues nationales et locales, en adéquation avec les préoccupations et les aspirations des jeunes
À travers du reversement de subvention, le projet soutiendra la production de contenus d’information et d’edutainment (éducation par le divertissement) axée sur les problématiques transversales de la jeunesse et incluant des espaces favorisant l’expression, les initiatives et la participation des jeunes et des femmes.
Plus largement, ces appuis à la production/diffusion viseront aussi à rapprocher les médias et leur public par le biais d’initiatives portées conjointement par des jeunes, des médias, des OSC féminines ou des OSC opérant dans d’autres secteurs. Les formats interactifs et favorisant le dialogue seront promus, tout comme le recours aux langues et aux plateformes numériques et les réseaux sociaux.
Rédaction éphémère portée par MédiAOS
Soutenir les échanges et collaborations régionales entre acteurs du secteur médiatique
Cette action part du constat que les médias de la région sont souvent confrontés à des problématiques similaires et que le partage d’expertise peut donc les renforcer efficacement. Cette approche pair-à-pair, qui favorise l’appropriation des savoirs par la valorisation de l’expérience, se concrétisera notamment par l’appui à des événements internationaux ou sous-régionaux et par des ateliers de capitalisation du projet réunissant des bénéficiaires des trois pays partenaires.
Il s’agira également d’élaborer, ensemble avec les parties prenantes du projet, un cadre garantissant que les échanges pair-à-pair produisent des résultats tangibles sur lesquels un cercle de personnes et d’organisations plus large pourra capitaliser.
MediAOS : un an d’actions pour des médias plus inclusifs au Bénin, au Togo et au Tchad
Réunis à Cotonou pour le comité de pilotage 2026 du projet MediAOS, CFI et ses partenaires ont dressé le bilan de la première année de mise en œuvre et fixé leurs priorités pour la suite.
Financé par l’Agence française de développement (AFD) et coordonné par CFI, MediAOS soutient des médias libres et indépendants au Bénin, au Togo et au Tchad. Le projet porte une attention particulière aux jeunes et aux femmes. Il est mis en œuvre avec la Fondation Hirondelle, Equipop et MiCT.
Lors d’un atelier dit de “capitalisation” animé par le cabinet RMDA (Red Mangrove Developement Advisors), les partenaires ont fait le point ensemble sur les réalisations et les pratiques qui ont fait leurs preuves ainsi que sur les pistes d’amélioration.
Un an plus tôt, le premier COPIL, déjà organisé à Cotonou en septembre 2025, avait lancé la phase opérationnelle après une large phase de diagnostics et de co-construction avec les médias.
La première année en chiffres
• 17 radios communautaires et 25 médias en ligne accompagnés
• Formation de plus de 80 journalistes à la sécurité numérique, au fact-checking et au renseignement de sources ouvertes (OSINT), avec 96% de taux de satisfaction au sein des personnes participantes
• Soutien à 7 organisations de la société civile et médias pour produire des contenus en langues nationales : plus de 90 contenus produits et une audience estimée à plus de 2 millions de personnes
• Une première rédaction éphémère régionale à Cotonou : 25 journalistes des trois pays et plus de 100 contenus coproduits
Pour la deuxième année, les partenaires veulent consolider la coordination, renforcer les liens entre radios, médias numériques et OSC, et faire des formations des parcours complets. Ces parcours associeront formation, production et coaching, avec une intégration transversale du genre. Un concours régional de coproduction entre médias partenaires est en préparation.