Le genre en questions pour les radios partenaires de MédiaSahel

17 juin 2021

Après les fondamentaux et l’interactivité, MédiaSahel aborde la thématique du genre et du conflit. Une première formation s’est tenue au Burkina Faso et au Mali fin mai 2021.

J’ai déjà animé des débats portant sur le conflit. En venant ici, je pensais avoir une bonne base en la matière. Mais en réalité, ces deux semaines m’ont permis de me rendre compte que je ne savais rien du genre, et encore moins du conflit. J’ai beaucoup appris, et j’ai maintenant hâte de montrer ce dont je suis capable dans mes productions. L’objectif est aussi de renforcer leur vocabulaireD’ailleurs, je demanderai à être chargée dans ma radio de tout ce qui porte sur ces questions.
Ce témoignage de S. Touré, animatrice chez Radio Oméga, résume bien l’état d’esprit des journalistes qui ont participé à la première session de formation sur le journalisme sensible au genre et au conflit, lancé au Burkina Faso et au Mali en mai.

Ces ateliers doivent les amener à mieux appréhender ces sujets et à les sensibiliser sur leurs rôles, devoirs et responsabilités envers les inégalités sociales et les conflits intercommunautaires. L’objectif est aussi de renforcer leur vocabulaire et les arguments à utiliser pour informer sur ces problématiques – très sensibles au Sahel – tout en leur rappelant les règles d’éthique et de déontologie du journalisme.

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Session d’enregistrement d’une émission sur la prise en compte du genre dans les associations sportives – juin 2021 - ©CFI

 

Comme précédemment, ces formations s’adressent à la quarantaine de radios partenaires de MédiaSahel au Burkina-Faso et au Mali. Les journalistes sont les premiers concernés mais les responsables de radios sont aussi invités à participer à plusieurs sessions, afin de faciliter un ancrage durable du journalisme sensible au genre au sein des médias.

Trouver les mots justes

Les premiers retours sont très positifs. Mes attentes ont été comblées, déclare ainsi Antoine Y. de la RTB Radio Rurale, qui sait désormais dissocier le genre de la femme.
Solange S. retient quant à elle que son rôle en tant que journaliste est d’être aussi une médiatrice, une facilitatrice, une réconciliatrice.

Ce que vous venez de faire, ...dissocier le genre de la femme.c’est le début d’un processus d’acceptation et de conscientisation, a expliqué C. Abissi, président sortant de l’UNALFA au Burkina Faso, lors de la clôture de cette session. Vous comprenez désormais que trouver les mots justes pour transmettre l’information est primordial.
Ce sont des sujets nouveaux, mais si nous restons professionnel·le·s, nous pourrons traiter ces informations sans êtres des causes de dérapages.
De son côté, le représentant du ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement burkinabè a rappelé que chaque journaliste que l’on forme, c’est une multitude de citoyens et citoyennes que l’on gagne.

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Photo de famille du groupe 1 de la formation sur le journalisme sensible au genre et au conflit – Juin 2021 - ©CFI

Le cycle de formation au journalisme sensible au genre et au conflit se poursuit jusqu’au 4 septembre 2021 au Burkina Faso et au Mali, et débutera au Niger en août.