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Graines de journalistes environnementaux

Projet associé

Au terme du projet Terra Asia de CFI, plusieurs étudiants et jeunes journalistes formés continuent d'appliquer les outils appris pour lutter contre la désinformation environnementale. Illustrations en Indonésie. 

De jeunes pousses prometteuses contre la désinformation environnementale. En Indonésie, le projet Terra Asia s'est appuyé sur deux partenaires clefs. Universitas Multimedia Nusantara (UMN) : près de 10 000 étudiants, dont 239 inscrits en journalisme numérique. Et Pusdiklat TVRI, centre de formation du média TVRI, qui forme chaque année des centaines de journalistes partout en Indonésie.

Mais, comment choisir les perles rares pour participer aux formations de CFI dans ce pays et en ligne ? 
Nous les avons sélectionnés en fonction de leurs rôles et de leurs capacités à appliquer les connaissances acquises dans leur travail quotidien. Nous avons également veillé à la représentativité régionale afin d'assurer un impact plus large au sein de notre réseau, explique Johan Setiawan, responsable de Pusdiklat TVRI. 
Un processus également sélectif pour les journalistes de demain : Nous avons ciblé les étudiants de 2ème année avec une moyenne générale d'au moins 3,00 (sur 4,00). Un autre critère déterminant a été leur volonté de suivre une formation intensive pendant leurs vacances universitaires, avec le niveau d'implication que nous jugeons indispensable pour la prochaine génération de journalistes d'investigation. Au final, nous avons recruté cinq étudiants répondant à ces exigences rigoureuses, résume Dr. Rismi Juliadi, maître de conférences et ancien doyen de la faculté de communication UMN.

Garantir l'exactitude et la véracité

Dans ces conditions, on imagine aisément la joie des heureux élus, motivés à participer aux sessions de Terra Asia. 
Aujourd'hui, nous ne sommes plus les seuls à pouvoir rédiger des articles et à les diffuser sur les réseaux sociaux... C'est pourquoi, en tant que future journaliste, je dois également apprendre à vérifier les informations qui circulent. Par ailleurs, l'état de l'environnement en Indonésie étant préoccupant, ces informations peuvent contribuer à sensibiliser le public et les autorités à veiller aux questions environnementales, estime Natasha Suhendra (UMN). 
Journaliste déjà en activité à TVRI, Citra Sandy Anastasia, 34 ans, est du même avis : Ces enjeux me passionnent depuis l'école. Les fausses informations constituent une préoccupation majeure à l'échelle mondiale. Il est donc indispensable aujourd'hui pour nous de garantir l'exactitude et la véracité de nos reportages.

Les contenus des sessions semblent avoir été à la hauteur de leurs attentes. 
Ce qui m'a le plus intéressée ? Apprendre à distinguer une vidéo truquée d'une vraie, car la plupart de mes travaux sont visuels, poursuit Citra Sandy Anastasia à propos des formations en ligne. 
Participante à deux sessions en présentiel, Natasha Suhendra énumère pour sa part : Les outils de vérification des faits, la géolocalisation de photos et de vidéos, les outils et ressources d'intelligence artificielle, les sites web de vérification, les techniques d'enquête, le reportage mobile... J'ai beaucoup appris sur la manière de mener des entretiens correctement, de vérifier les faits et d'assurer ma sécurité en tant que journaliste.

J'ai beaucoup appris sur la manière de mener des entretiens correctement, de vérifier les faits et d'assurer ma sécurité en tant que journaliste.
Natasha Suhendra,
étudiante (Universitas Multimedia Nusantara)

Reportages essentiels pour notre démocratie

À l'UMN, le docteur Rismi Juliadi a effectivement observé des changements chez les participants qui ont reçu un diplôme : Au-delà de la maîtrise des outils techniques de vérification des faits et d'analyse de la désinformation, les étudiants, auparavant passifs, sont devenus des acteurs engagés et enthousiastes de la protection de l'information. En maîtrisant les subtilités du journalisme environnemental, ils contribueront à vulgariser les concepts scientifiques complexes liés au climat auprès du grand public. Des reportages précis et contextualisés permettant aux citoyens de prendre des décisions éclairées, favorisant ainsi une société plus résiliente et plus respectueuse de l’environnement, sont essentiels pour notre démocratie.

Johan Setiawan imagine, lui aussi, les résultats futurs en bout de chaîne pour le public : Nos journalistes sont désormais mieux préparés à traiter des sujets complexes et à lutter contre la désinformation, ce qui profitera à terme à notre public. Nous avons déjà constaté de meilleures pratiques de vérification des faits et une approche plus critique des sources d'information. Ces enseignements enrichissent également notre programme de formation à Pusdiklat TVRI.

Pour continuer leur croissance rapide, les jeunes pousses prometteuses de journalistes environnementaux et leurs tuteurs espèrent de nouveaux projets avec de nouveaux apprentissages : journalisme de données, journalisme mobile (MoJo) et courts documentaires, techniques d'investigation, méthodes avancées de vérification des faits, communication pour le développement durable, collaborations entre le monde universitaire et l'industrie, etc.


Analyse réalisée par Emmanuel de Solère Stintzy (Journalistes Médiateurs)