Mali : le monde des médias en deuil

Mali : le monde des médias en deuil

9 octobre 2020

CFI perd l'un de ses formateurs chevronnés. Issa Fakaba Sissoko, rédacteur en chef de Studio Tamani (Fondation Hirondelle) et journaliste formateur pour le compte de CFI, a tiré sa révérence jeudi 8 octobre 2020.

Diplômé de l’Université de Bamako, option Lettres, Issa Fakaba Sissoko a suivi d’autres formations en journalisme et communication. Il débute sa carrière en 2001 dans la presse écrite, au journal ‘’Le Malien’’, un hebdomadaire paraissant à Bamako. Il rejoint ensuite le quotidien "l’Indicateur du Renouveau" avant de se reconvertir en journaliste-radio, avec l’arrivée au Mali en 2012 de Studio Tamani de la Fondation Hirondelle où il était Rédacteur en chef, jusqu’à son décès.

À Bamako, la communauté des médias s’est réveillée en deuil, vendredi 9 octobre. Elle a perdu l'un de ses piliers : Issa Fakaba Sissoko. « On devait quitter Bamako samedi 10 octobre pour Niamey où l'on devait participer à un atelier de formation des formateurs. Mais chacun suit son destin. Issa nous a abandonnés à mi-chemin », indique, larmes aux yeux, Siaka Traoré, confrère et ami de longue date du journaliste Issa Fakaba Sissoko. Ce matin, à hôtel où se tient une session de formation sur les fondamentaux du journalisme, organisée par CFI, depuis le 28 septembre, l’ambiance est morose chez les stagiaires comme les formateurs. 

Sur les réseaux sociaux, les témoignages et messages de condoléances proviennent de partout. Devant les stagiaires, Sékou Gambi, journaliste formateur de CFI, décrit Issa Fakaba Sissoko comme un « journaliste rigoureux, franc parleur et un modèle pour la jeune génération.» « Il tenait beaucoup aux principes d’éthique et de déontologie journalistique. Il défendait le journalisme au sens noble. C’est quelque chose que j’admire beaucoup chez lui », raconte Siaka Traoré avec qui il forme depuis 4 ans des journalistes de radios de proximité, au Mali, au Niger et Burkina Faso, avec l’agence de développement médias.

Mamoudou Bocoum, également formateur, retient 3 choses d’Issa : « sa rigueur dans le travail, son franc-parler et son calme olympien. Son engagement dans l'assainissement du secteur médiatique malien était sans faille. »

 « La vie d'Issa rimait avec la défense des intérêts de ses confrères. Il tenait à ce que la convention collective soit appliquée pour que chaque journaliste qui exerce le métier soit protégé. Il s'était même attiré la colère de beaucoup de patrons de presse qui voyaient en lui un rebelle qui allait les brouiller avec leur personnel qu'ils exploitaient à l'envi », renchérit Amadou Salif Guindo, journaliste et Universitaire malien.

Pour les responsables de projet de CFI, « c’était un véritable plaisir de travailler avec Issa. Il était un excellent journaliste, mais aussi un brillant formateur, très investi dans la transmission de connaissances à ses pairs. Son professionnalisme restera inspirant pour ses consœurs et confrères ».

« Le village CFI Médias Sahel est en deuil ! La disparition de notre confrère est tombée comme un coup de massue. Les formatrices et formateurs média du Niger, du Mali et du Burkina Faso viennent d'enregistrer une lourde perte, l'un de ses dignes représentants. L'image de Issa Fakaba Sissoko restera gravée dans nos mémoires » témoigne Abdoulaye Issaka, « le chef de village » des formateurs et formatrices, au nom du groupe.

Sophie Ekoué, journaliste,  tient également à témoigner : « Issa fut « La » rencontre dans ma carrière de formatrice. J’ai eu l’impression d’avoir fait mes preuves pour mériter son amitié et son estime. Taciturne, féru de débat politique, il était toujours prêt à défendre la veuve et l’orphelin. On l’appelait le syndicaliste et il en souriait ! Je garde en mémoire ses yeux clairs translucides comme son éthique journalistique. Il est d’une grande probité et un vrai acharné au travail. Sophie, « tu m’as transformé à 80% » me disais-tu il y a quelques mois à Tunis. J’ai modifié mon management à la rédaction, je mène moins mes hommes à la baguette » as-tu ajouté. Tu me manqueras. Amitiés éternelles. Repose en paix mon ami » 

Célia Faconam, journaliste formatrice malienne, s'exprime également : « Générosité. C'est le mot que j'ai en tête en pensant à Issa. Du Journal du Mali à la team de formateurs Mali Média, il a toujours été dans le don de soi, amical et professionnel, rigoureux et bienveillant. Je garderai chaudement le souvenir de nos fous rires et de ta générosité. Au revoir, Issa. Au revoir Monsieur le ministre. »

Il laisse derrière lui, des collaborateurs, amis, partenaires professionnels et une famille inconsolables.

Merci pour tout Issa, nous ne t’oublierons pas.