Disparition de Pierre-Yves Schneider

Disparition de Pierre-Yves Schneider

30 novembre 2020

CFI a appris avec tristesse le décès de Pierre-Yves Schneider, survenu brutalement ce samedi 28 novembre, à l’âge de 64 ans.

Pierre-Yves Schneider était Secrétaire général et porte-parole de l’Association Les amis de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, depuis sa création à la suite du double assassinat des reporters de RFI à Kidal le 2 novembre 2013.

Après avoir dirigé l’information d’Europe 2 et participé au magazine Arrêt sur images (La Cinquième), il a collaboré du début des années 1990 jusqu’à sa récente retraite avec le service formation des journalistes de RFI, puis avec CFI, l’agence française de développement des médias, lors de nombreuses missions, notamment en Afrique. Il était considéré comme un expert confirmé dans le domaine du management de radio. Son approche était rigoureuse et à l’écoute du terrain, dans l’échange permanent pour améliorer la qualité des médias. 

Toutes nos pensées vont à ses proches, ainsi qu’à celles et ceux qui l’ont connu au sein des équipes de RFI et de CFI.

Pierre-Yves Schneider

 

Serge Téhé, formateur burkinabé s’en souvient : Pierre-Yves fut tout au long du projet Faso Médias mené par CFI le formateur du pool de formateur de l’UNALFA. Il me restera de lui ce qu’il m’a donné avec passion et abnégation : la pédagogie #FasoMédias. Une méthode d’enseignement à travers laquelle il a fortement contribué à l’amélioration du journalisme radiophonique burkinabé.
Pierre-Yves était en effet très investi dans l’accompagnement des radios, des acteurs de ces radios (directeurs, rédacteurs et rédactrices en chef, journalistes de débat et d’émissions interactives, etc.) mais aussi dans l’accompagnement de jeunes formateurs et formatrices, à qui il transmettait son expertise et sa pédagogie sans limite.

Quand nous nous sommes rencontrés en février 2015 au Burkina Faso dans le cadre de formations de CFI, j’avais la passion du journalisme, tu m’as donné la passion de la formation en journalisme. Je faisais des formations en journalisme-radio, tu m’en as donné la méthode et les outils. Tes conseils sur l’habillage sonore, le journalisme-citoyen, les ruptures à l’antenne, le traitement de l’histoire et des traditions africaines dans les programmes de radio, etc. Tes méthodes actives d’apprentissage, tes enseignements sur la pédagogie de la formation en journalisme, l’interview politique, le management éditorial, l’interactivité, le magazine de sensibilisation et le micro-programme sont autant de repères pour ma vie professionnelle de jeune journaliste, pour nos vies professionnelles puisque j’en ai bénéficié avec mes amis Abdoul Wahab Nombré, Serge Téhé, Albert Nagréongo, Bernard Bougma, Ismaël Ouédraogo, Lido Thierno, Rock Damiba…
C’est pourquoi, je me réclame légitimement et fièrement de ton héritage professionnel
, écrit Soumaila Rabo, directeur de l’information à Savane Médias au Burkina Faso.

Fanja Roger Arinjaka & l’équipe de la RNA SAVA Madagascar gardent le même souvenir de Pierre-Yves : Pierre Yves a contribué énormément pour rehausser le niveau des journalistes à Madagascar à travers les formations, son savoir-faire et les expériences qu’il nous a transmis et partagés.

Son approche était rigoureuse mais surtout à l’écoute du terrain, dans l’échange permanent pour améliorer la qualité des médias. Et c’est cela que celles et ceux qui ont travaillé avec lui retiennent, comme le béninois Gaston Yamaro.

J’ai rencontré Pierre-Yves Schneider pour la première fois en novembre 2016 à Cotonou, alors qu’il était venu animer une formation en management éditorial au profit des radios de proximité du Bénin dans le cadre du projet Dialogues Citoyen Bénin. Comme il avait l’habitude de terminer sa journée au bord de la mer, non loin de l’hôtel qui nous accueillait tous, il m’a invité un soir à l’y rejoindre. Nous avions échangé environ deux heures. L’occasion pour moi de découvrir cette facette d’humanisme, de générosité qui paraissait contraster avec le formateur rigoureux, trop travailleur, comme nous le jugions. Mais Pierre-Yves est tout cela à la fois. Attaché à son métier. Il me fallait cette rencontre pour raffermir ma foi dans le journalisme même dans un pays où le scepticisme gagne les professionnels des médias. Enthousiaste pour transmettre son savoir et son savoir-faire à d’autres dans une pédagogie rapidement efficace ! J’en tire le meilleur de ma carrière de formateur aujourd’hui. Pierre-Yves était, au-delà d’un formateur, un chemin pour moi.

Pierre-Yves était une bibliothèque, il était simple, à la fois le maitre et l’élève, se souvient Serge Fatou du Bénin.

Jean-Ignace Manengou, journaliste et formateur centrafricain, va dans le même sens : Pierre Yves, c'est surtout l'attention à la personne, aux qualités et talents à faire éclore. On a encore été plus "soudés" après les disparitions de Ghislaine, Claude, Camille et Élisabeth Blanche. Il m'encourageait à continuer la lutte pour que la vérité soit faite.

En plus d’être un expert confirmé dans le domaine du management de radio, Pierre-Yves souhaitait promouvoir l’égalité des chances dans les médias, entre les hommes et les femmes, notamment dans le cadre du projet Deux Voix un Avenir au Mali, mais aussi entre les auditeurs et auditrices du monde rural et urbain, en insistant sur l’importance de miser sur les langues locales dans les radios.

Il a été mon binôme pendant une dizaine d'année pour offrir à la presse privée malienne les fondamentaux de la radio, raconte Abdoul Aziz Moussa Diallo, formateur technicien au Mali.
Notre dernière collaboration était sur le projet Deux Voix un Avenir. Merci PYS d’avoir renforcé mes compétences en réalisation d'émission interactive et en interview, et pour tout le reste.

Pour les responsables de projets qui ont travaillé avec lui à CFI, Pierre-Yves est la rencontre marquante. Son engagement dans les projets dépassait les frontières. Bienveillant, il nouait facilement des relations de confiance avec les équipes, les partenaires, les journalistes… et quel professionnalisme ! Quelle envie de partager aux autre son monde de la radio ! Il nous aura appris à toujours tendre l’oreille, comprendre, ne jamais se satisfaire des raccourcis hâtifs… Et tout cela dans la bonne humeur et la simplicité.