Cinq journalistes birman•es formé•es à Paris aux techniques de tournage et de montage

Cinq journalistes birman•es formé•es à Paris aux techniques de tournage et de montage

18 août 2022

Lancé en mars 2022 par CFI et FMM avec le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, le projet Kwanraat (réseau en Birman) a pour objectif de soutenir les journalistes birmans en exil dans leurs efforts pour défendre la liberté d'expression et promouvoir le retour du pays à la démocratie, à travers des programmes de renforcement de capacités et un travail collectif de production d’information. 

Ainsi, du 19 au 22 juillet, 5 journalistes réfugiés dans plusieurs villes européennes, Marseille, Londres, Berlin, ont été formés dans les locaux de FMM afin de s’approprier les codes professionnels de l'audiovisuel. Les journalistes, qui pour la plupart, n’avaient que peu d’expérience avant le coup d’état, ont commencé à collaborer avec des médias indépendants pour relater ce qu’il se passait dans leur pays, le plus fréquemment et le plus finement possible. Mais beaucoup n’avaient pas ou peu suivi de formations professionnalisantes. Les journalistes ont donc été formés aux techniques de prises de vue et montage vidéo, également aux questions éditoriales, et notamment sur les meilleures manières de transmettre une information documentée et percutante. La question de la vérification des faits, cruciale quand il s’agit d’intervenir dans des conflits armés, a également été traitée. 

Enfin, autre point d’attention particulièrement important, notamment dans le contexte birman où toutes les communications peuvent être surveillées, les journalistes ont pu suivre une session dédiée à la sécurité digitale afin de pouvoir identifier les cyber menaces et d’apprendre à utiliser les divers outils de protection de données et d’encryptage. 

Enfin, les journalistes ont pu s’entretenir avec une psychologue. En effet, tous et toutes ont vécu des événements traumatiques depuis le début de la guerre civile, tant dans leur vie personnelle que dans leur travail de journaliste. Dans un premier temps, l’expérience de la guerre civile en tant qu’individus a été abordée, soulevant les questions de la clandestinité et du déracinement. Puis dans un second temps, les journalistes ont pu se confier sur les difficultés et traumas éprouvés en tant que journalistes, le risque étant de se laisser rattraper émotionnellement par les événements couverts, ou de n’avoir pas assez de distance professionnelle pour faire des choix éditoriaux cohérents.

"Cette formation était vraiment encourageante, je commençais à oublier la Birmanie, et maintenant la Birmanie se souvient de moi" a confié une des participantes. Une autre a souligné qu’elle avait appris ce que le journalisme professionnel signifiait, comment les journalistes professionnels travaillaient.

Une nouvelle session est programmée pour octobre pour renforcer les acquis. Entre temps, un accompagnement sera également proposé pour travailler de manière continue sur leurs projets journalistiques tout en utilisant les connaissance et techniques vus lors des formations.