Tri Febriana E.S. Wijaya : un plaidoyer pour la nature
En Indonésie, Tri Febriana E.S. Wijaya, 41 ans, est productrice à la TV nationale. Grâce à différents outils, elle réalise, toujours avec le sourire, des reportages pédagogiques pour informer le public, en particulier sur les conséquences dramatiques de la déforestation.
Les convictions de Tri Febriana E.S. Wijaya sont fortes, enracinées en elle depuis l'enfance. Je voulais déjà devenir journaliste ! Curieuse de voir comment il communiquait avec les animaux, j'aimais accompagner mon père vétérinaire. Je regardais aussi les reportages à la TV et j'aimais écrire des histoires sur mes émotions, se souvient en riant la journaliste indonésienne, Tri Febriana E.S. Wijaya, 41 ans.
Sa grande sœur Elita Rahmarestia confirme : Quand elle était jeune, Tri aimait déjà écrire ce qu'elle ressentait et lire des livres. Mais, quand elle a obtenu son diplôme de Droit, dans la famille, nous pensions qu'elle travaillerait dans le domaine juridique.
Oubliées les plaidoiries devant les tribunaux, Tri revient à ses premières amours et intègre en 2007 LPP TVRI, la télévision nationale : À l'université, mes parents me poussaient à devenir avocate, mais ils ont finalement accepté que je réalise plutôt mon rêve de travailler comme journaliste.
Dans son média, elle commence comme reportrice, productrice, cheffe d'équipe et rédactrice en cheffe de la section web avant de redevenir productrice. Pas spécifiquement sur l'environnement, mais nous traitons aussi ces sujets, précise-t-elle.

Rendre mon travail plus visuel et plus attractif
Sa collègue Fitria Herbiyanti, qui a commencé à travailler en même temps qu'elle dans leur média, observe, admirative, son évolution : Tri est une journaliste talentueuse et méticuleuse, très travailleuse. Elle présente l'information sous tous ses angles afin que les téléspectateurs puissent acquérir une perspective plus large. Elle s'investit pleinement dans le projet Terra Asia et sensibilise même ses amis aux enjeux environnementaux.
Pas de quoi lui donner la grosse tête et encore moins lui faire perdre son habituel sourire.
Je me souviens d'un reportage en direct de Tri. J'étais la présentatrice. Nous avions toutes les deux eu beaucoup de mal à retenir notre rire, mais le reportage s'est déroulé sans accrocs jusqu'à la fin ! Tri a parfaitement rempli son rôle de journaliste, se remémore Fitria.
Tri Febriana E.S. Wijaya s'applique donc à donner des informations utiles, de façon pédagogique : En Indonésie, les tragédies des inondations nous font comprendre à tous et toutes l'importance des questions environnementales. Comme journalistes, nous devons par exemple apporter des informations fiables sur la déforestation et ses conséquences.
Dans cette mission, elle apprécie les outils reçus du programme Terra Asia de CFI : Nous avons été formés à comment utiliser l'intelligence artificielle et la géolocalisation pour vérifier les faits. J'applique ces nouveautés dans mon travail pour le rendre plus visuel et plus attractif avec des chiffres et des graphiques.
Des connaissances nouvelles que Tri partage volontiers avec ses collègues. De quoi lui donner des idées d'un nouveau plaidoyer pour la nature : Je discute avec mon boss qui réfléchit à créer un bureau spécialisé sur l'environnement dans notre média généraliste.
Plaidoyers, oui. Plaidoiries, définitivement non !
Tri Febriana E.S. Wijaya ponctue notre interview par un dernier rire spontané à la question sur ses éventuels regrets de ne pas être devenue avocate : Je suis fière d'être journaliste ! Je le resterais sans doute jusqu'à ma mort !

Entretien réalisé par Emmanuel de Solère Stintzy (Journalistes Médiateurs)
