Emmanuel John Lazaro : la course contre la montre
Aux Philippines, le journaliste radio Emmanuel John Lazaro, à seulement 29 ans, n'a déjà plus de temps à perdre, engagé dans une course contre la montre pour faire entendre différentes voix sur les défis environnementaux.
À vos marques, prêts ? Partez !
Journaliste et coureur de fond philippin, Emmanuel John Lazaro semble toujours prêt à tout donner. Comme sur sa photo de profil Viber, où il tente de retrouver son souffle sur une piste d'athlétisme : Courir m'aide à rester concentré et patient. Un peu comme en journalisme, car nous devons faire les choses par étapes pour obtenir des infos et raconter une histoire agréable à écouter.
"E.J.", 29 ans aujourd'hui, était déjà plein d'énergie étant enfant. Il n'aimait pas trop rester à la maison et préférait jouer à l'extérieur ! Toujours dans les premiers de la classe, il était très curieux de tout ce qui se passait autour de lui, se souvient Rowegie Abanto, son ami depuis l'école primaire. "E.J." confirme : Je m'investissais beaucoup dans les matières scientifiques, mais j'aimais aussi jouer dehors. J'observais déjà qu'on coupait les arbres et je commençais à voir les conséquences des typhons.
En 2009, le typhon Ketsana provoque de terribles inondations aux Philippines.
Emmanuel John Lazaro a alors 13 ans : Piégés au marché par les eaux, mes parents n'ont pu revenir à la maison que le lendemain. Cette expérience traumatisante est restée en moi comme une responsabilité de faire quelque chose. J'aurais pu être un scientifique, mais le journalisme est un bon moyen de disséminer l'information et de faire entendre différentes voix.
Parler de solutions
Extraverti, enthousiaste et drôle, selon ses proches, "E.J." entreprend donc une licence en arts et communication audiovisuelle à l'Université polytechnique publique de Manille. Puis, il travaille de 2017 à 2022 dans le média ABS-CBN, avant de rejoindre PBS-BBS (Presidential Broadcast Service-Bureau of Broadcast Services). Il y exerce toujours comme correspondant de Radyo Pilipinas, contribuant à des documentaires variés. E.J. va toujours au-delà de ce qu'on lui demande comme couverture sur le terrain. Il accepte mes conseils, même s'il a déjà reçu des prix pour son travail, témoigne Melany Valdoz-Reyes.
Celle qui se présente comme "une de ses mamans et superviseurs" à PBS-BBS poursuit : Grâce aux formations du projet Terra Asia de CFI, E.J. sait par exemple utiliser l'intelligence artificielle pour concevoir des jingles. Il partage ses connaissances avec les autres membres de notre équipe. Je lui conseille de continuer à avoir la même faim d'apprendre. Nous avons besoin de reporters spécialisés sur l'environnement.
Cela tombe bien, le jeune homme ne semble pas rassasié : J'utilise différentes outils pour comparer plusieurs périodes et pays et ainsi constater les impacts de l'activité humaine sur le changement climatique. Avant la fin de Terra Asia, j'aimerais parler de solutions, par exemple de ces villes aux Philippines qui ferment leurs portes aux voitures chaque dimanche pour permettre aux gens de se rassembler et de pratiquer le vélo ou la course.
Emmanuel John Lazaro interroge sans cesse sa "maman superviseur" Melany sur la COP 21 qu'elle a couverte comme journaliste en 2015 à Paris. Engagé dans une course contre la montre pour informer sa communauté, "E.J." conclut : J'espère représenter mon pays à une prochaine COP pour voir comment retranscrire concrètement ces mesures dans nos politiques publiques. En 2025, les typhons ont encore fait beaucoup de victimes chez nous... Nous sommes loin des objectifs fixés à l'époque dans l'accord de Paris... Plus de temps à perdre, nous devons nous mettre au travail !
Entretien réalisé par Emmanuel de Solère Stintzy (Journalistes Médiateurs)