Bassine Lo Niang : journaliste allergique aux injustices

Bassine Lo Niang : journaliste allergique aux injustices

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Enfant, elle rêvait de devenir avocate ou journaliste. Aujourd'hui, à 33 ans, la Sénégalaise Bassine Lo Niang est rédactrice en cheffe, présentatrice et reporter d'Afrika Pulaar TV. Elle aime toujours autant informer les plus pauvres sur leurs droits. Portrait réalisé par Emmanuel de Solère Stintzy.

Voix posée. Visage impassible. Quand elle présente le journal en français d'Afrika Pulaar TV, la Sénégalaise Bassine Lo Niang semble imperturbable. Et pourtant... Elle a toujours été très gentille et serviable, mais elle n'aime pas l'injustice. Quand elle se vexe, elle ne mâche pas ses mots ! Enfant, elle voulait être journaliste pour raconter à la télévision les difficultés des gens, se souvient Bineta Diallo, une cousine.
Bassine confirme : C'est vrai, quand j'étais petite, je voulais devenir avocate ou journaliste pour porter les voix des femmes et des enfants de la rue.
Aita Ngom Sall, son amie depuis le collège, a vu se développer cette double vocation : Jusqu'à aujourd'hui, Bassine est restée attentive et généreuse. Après son bac, Bassine Lo Niang opte pour une licence en droit, mais ne réussit pas à valider toutes ses matières. Elle tombe ensuite malade et est obligée d'arrêter ses études.

Quand j'étais petite, je voulais devenir avocate ou journaliste pour porter les voix des femmes et des enfants de la rue.

Sa deuxième vocation lui tend alors les bras. Elle se forme au journalisme à Star médias Sénégal, média TV radio en ligne : Tous les cours étaient nouveaux... Ce n'était pas facile au début, mais j'y suis allée à fond ! Cependant, jusqu'à présent, je n'ai pas renoncé à me former pour devenir avocate !

Écouter et aider

En attendant, Bassine Lo Niang espère bientôt mettre en pratique ses deux domaines de prédilection dans sa nouvelle émission en projet à Afrika Pulaar TV "La Voix aux juristes" : Journalistes, nous devons éveiller les consciences et informer, en particulier les femmes, souvent violées ou violentées. Quant aux enfants, ils sont parfois mis à l'écart de notre société.
Après avoir commencé le journalisme par des stages en presse écrite et en radio, Bassine goûte donc actuellement aux joies de la télévision : À la radio vous êtes davantage libre ! À la TV, les gens vous jugent sur votre image... Mais, plus je présente le journal et plus je suis fière de moi. Je n'hésite pas à demander des conseils à des journalistes expérimentés pour m'améliorer.

Journalistes, nous devons éveiller les consciences et informer, en particulier les femmes.

Une humilité et une motivation qui commencent à payer, selon Ouma Seydou Aw, sa directrice générale à Afrika Pulaar TV : Je l'ai nommée rédactrice en cheffe, car elle est compétente, disponible et digne de confiance. Dans l'équipe, les autres l'ont aussi choisie comme cheffe, car elle sait les écouter et les aider.
Rien d'exceptionnel en journalisme à en croire Bassine Lo Niang : Ce n'est pas facile de gérer les humeurs de personnes venues de divers horizons, mais nous faisons un travail d'équipe. Je ne dis jamais ‘‘c'est ça qu'on va faire !’’ Je prends les idées des uns et des autres.

Un autre chemin...

À propos de sa rédactrice en cheffe, Ouma Seydou Aw, ajoute : Depuis les formations et les coachings de CFI, Bassine est plus professionnelle. Elle va davantage sur le terrain chercher des infos et utilise beaucoup son téléphone portable pour les images. Elle commence aussi à faire ses montages. 
Pour Bassine Lo Niang, qui revendique "le goût d'apprendre", ce n'est qu'un début : Grâce au projet Afri'Kibaaru, nous avons appris à filmer et monter avec notre téléphone, mais je souhaiterais mieux utiliser les réseaux sociaux. J'ai aussi appris à faire participer le public sur des sujets liés aux ODD (Objectifs de développement durable) comme l'accès à l'éducation, qui touche la société, en particulier les femmes et les jeunes.

Grâce au projet Afri'Kibaaru, nous avons appris à filmer et monter avec notre téléphone mais aussi à faire participer le public sur des sujets liés aux ODD.

S'instruire et s'informer sur ses droits : un autre chemin pour les plus mal chaussés. Quand j'étais petite, je rêvais d'acheter et de distribuer des sandales aux enfants de la rue. Je déteste toujours autant l'injustice, conclut l'éternelle journaliste-avocate révoltée des va-nu-pieds.

Dans 10 ans... 

Que fera Bassine Lo Niang dans dix ans ? Je la vois devenir une grande journaliste, peut-être à l'international. Je lui conseille juste de continuer à étudier et travailler pour bien réussir, envisage Ouma Seydou Aw, sa directrice générale à Afrika Pulaar TV.
Antoinette Mendy Kandety, une amie, semble tout aussi confiante : Bassine est une personne et une journaliste professionnelle, sincère dans tout ce qu'elle dit. Dans dix ans, elle pourrait ouvrir sa propre TV pour transmettre son savoir à d'autres personnes. Même pronostic du côté de Rafika Bendermel, sa coach-formatrice pour le projet Afri'Kibaaru de CFI : Je la vois à la tête de son média télé, car elle est calme en apparence, mais motivée, très travailleuse et consciencieuse.

Un média TV qui pourrait prendre la forme d'une chaîne Youtube : Avec mon mari technicien Oumar Niang, nous avons ouvert fin 2022 la chaîne 'Actu Global Network' (AGN.TV). Dans dix ans, s'il plaît à Dieu, j'aimerais que ce soit un grand média avec ses propres employés rémunérés pour aider les jeunes journalistes.
Menu envisagé : actualités, émissions de société et religieuses. J'aimerais aussi construire une école coranique avec l'apprentissage du français et de l'anglais pour les enfants vulnérables talibés, ponctue Bassine Lo Niang, décidée à continuer à combattre les injustices.

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Bassine Lo Niang en reportage pour Afrika Pulaar TV
Bassine Lo Niang en reportage pour Afrika Pulaar TV