Évaluation du projet Dialogues citoyens Bénin 2

17 décembre 2020

Entre décembre 2018 et avril 2020, CFI a accompagné neuf médias béninois dans leurs actions en faveur du dialogue entre autorités et société civile. L’objectif était de contribuer à une citoyenneté plus active et une participation civique accrue. Après sa clôture, l'évaluation de ce projet a été réalisée par le cabinet externe South Research.

Voici la synthèse des résultats.

Le projet Dialogues citoyens Bénin 2 était cofinancé par l'agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ) à hauteur de 500 000 euros et pris en charge sur fonds propres par CFI, à raison de 200 000 euros. Il s’inscrivait dans le cadre du Programme d’appui pour la Décentralisation et le Développement Communal (PDDC) dont l’opérateur technique est la GIZ.
Dans la continuité du projet initial Dialogues citoyens Bénin, également mis en œuvre par CFI, ce second volet visait à contribuer à la bonne gouvernance démocratique au Bénin grâce à la participation des citoyennes et citoyens dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques publiques. Dans cette perspective, sa logique d’intervention s’est déclinée à partir d’un objectif spécifique visant à améliorer la qualité des échanges autour des questions de redevabilité et de contrôle citoyen de l’action publique par une augmentation qualitative de l’offre médiatique intégrant un dialogue avec les différentes parties prenantes au niveau local.

Ce qui impliquait trois volets d’intervention, transposés en trois résultats :
- La dynamique de concertation entre les médias, les organisations de la société civile (OSC) et les mairies sur les questions de contrôle citoyen de l’action publique et de redevabilité est renforcée.
- Les capacités des médias à traiter les questions de redevabilité et de contrôle citoyen de l’action publique sont consolidées.
- La gouvernance et la vitalité économique des médias pour assurer leur mission de service public sont renforcées.

Des résultats et objectifs atteints

Au terme de l’exercice, il apparaît qu’en dépit de contretemps répétés et malgré sa brièveté, le projet a tenu ses engagements. La plupart des activités ont été réalisées, et les résultats et objectifs sont atteints. Dialogues citoyens Bénin 2 se démarque par la qualité des formations offertes et sa pertinence avec le cadre légal, institutionnel et les champs d’intervention de la coopération au développement, ainsi qu’avec les besoins réels des acteurs des communes concernées et la situation spécifique de chaque radio.

Amélioration de la situation économique des médias et de leur légitimité


La validité de la chaîne de résultats et d’objectifs est confirmée, dans la mesure où le renforcement simultané des capacités techniques, méthodologiques, organisationnelles et de gestion des médias entraîne une meilleure considération de la part des auditeurs, partenaires et interlocuteurs locaux. Il induit une amélioration de la situation économique des médias ainsi que de leur légitimité en tant qu’acteur d’information, de communication et de la société civile. Il conduit également à l’amélioration de la qualité des échanges autour des questions de redevabilité.

Une portée difficile à déterminer

Si la nature de la contribution du projet aux améliorations constatées en matière de redevabilité et de contrôle citoyen transparaît clairement, sa portée, de même que la part propre de son influence sont cependant difficiles à déterminer.

Cela s’explique par une coordination et une concertation insuffisante entre opérateurs locaux, nationaux et internationaux. De plus, le projet n’est pas suffisamment intégré au PDDC et son dispositif de suivi-évaluation manque d’acuité. Enfin, la logique d’intervention étant surtout articulée autour d’offre de formations, tous les effets découlant de la gestion des rapports entre acteurs, de la médiation des logiques partenariales et des autres canaux de transferts de compétences ne sont pas visibles.

Par conséquent, si l’efficacité, la pertinence et la cohérence du projet sont avérées, plusieurs facteurs – les faiblesses de son dispositif de suivi-évaluation, son approche partenariale et l’intégration communautaire insuffisante du projet et de ses acquis – fragilisent néanmoins son efficience et la durabilité de ses apports.