De la formation à la pratique : Afri’Kibaaru met la biodiversité à l’agenda des médias
Projet associé
Afri’Kibaaru 2Quatre pays, une journée, seize reportages. À l'occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, vingt journalistes d'Afrique de l'Ouest et d’Afrique centrale ont quitté la salle de formation pour le terrain et ont démontré que la collaboration entre médias permet de produire et de rendre visibles des contenus qui sensibilisent les populations concernées.
En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, les conséquences du dérèglement climatique sont bien réelles, mais les médias locaux et nationaux en parlent peu.
Résultat : les populations manquent d’informations pour en comprendre les mécanismes et les effets sur leur quotidien, elles manquent ainsi de clés pour contribuer au débat public et à la recherche de solutions. Dans ce contexte, la couverture de cette thématique par les médias locaux est devenue essentielle.
C’est pour répondre à cet enjeu que CFI met en œuvre la deuxième phase du projet Afri’Kibaaru, financé par l’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec France Médias Monde (FMM).
Son objectif : renforcer les capacités des médias et de journalistes du Sénégal, de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Cameroun, afin de produire des contenus fiables, accessibles et de qualité sur les effets des changements climatiques d’une part, et valorisant les solutions d’adaptation et d’atténuation portées par les autorités, les communautés ou des entreprises éco-innovantes d’autre part.
La journée mondiale de la biodiversité, une mise en pratique grandeur nature
À l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, les journalistes ont pu passer de la théorie à la pratique.
Cette journée, dont le thème était "Agir localement pour un impact mondial", a permis aux participants et participantes de mobiliser les compétences et les connaissances acquises pour produire des contenus mettant en lumière des initiatives concrètes en faveur de la préservation de la biodiversité.
L’ambition est double : appuyer les journalistes dans la couverture d’un événement mondial à l’échelle nationale et encourager une collaboration multimédia entre les médias des 4 pays pour faire émerger de futures productions régionales.
Quatre rédactions éphémères pour produire les contenus
20 journalistes du projet, ainsi que 4 correspondantes et correspondants de RFI, ont pris part à cette activité ; 16 contenus ont été produits et diffusés dans les médias locaux ou sur les réseaux sociaux. L’activité s’est déroulée en 2 temps : tout d’abord des masterclasses organisées dans les 4 pays pour définir les sujets et les angles de traitement avant la réalisation des reportages, puis la mise en place de rédactions éphémères durant la journée de la biodiversité.
Ces rédactions ont été l’opportunité de finaliser les reportages et de confronter les sujets entre journalistes de différents pays afin de se rendre compte de leurs problématiques communes (déforestation, gestion des déchets, réduction de la superficie de la mangrove)
Des résultats qui dépassent la journée mondiale
L’activité a permis aux personnes formées d'élargir leur compréhension et leur traitement des enjeux environnementaux en accordant une place plus importante à la biodiversité, sujet peu abordé dans les médias. Elle a aussi favorisé le renforcement de la collaboration sur le sujet, réduisant ainsi les cloisonnements qui peuvent parfois exister entre rédactions, notamment en Guinée.
Ces différentes productions montrent la diversité de sujets que recouvre la thématique de la biodiversité et la nécessité d’informer les populations les plus touchées.
Et après ?
Dans la continuité de cette activité, quatre journalistes du projet Afri’Kibaaru participeront à la COP 31, en novembre à Antalya, en Turquie, afin d’assurer une couverture de l’événement à travers un narratif africain. Huit autres bénéficieront également d’un appui au journalisme d’investigation pour réaliser un reportage sur un sujet lié aux changements climatiques.
Retrouvez quelques-uns des contenus produits :
- Guinée :
- Kouriah : Entre exploitation des carrières et forte pression sur la biodiversité et les conditions de vie : Les ravages silencieux de l’extractivisme sur les écosystèmes locaux.
Exemple de la commune guinéenne de Kouriah qui abrite une dizaine de carrière sur son territoire.
- Côte d'Ivoire :
- La biodiversité à l’épreuve de la modernisation urbaine : le Plateau cherche l’équilibre vert (Reportage)
- Pollution électronique et impact sur la biodiversité aquatique à Abidjan - Le Mediacitoyen.com : À Abidjan, des milliers de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) échouent via les eaux de ruissellement ou par rejet direct dans la lagune Ébrié. Les substances toxiques contenues dans ces déchets électroniques contaminent silencieusement la faune et la flore aquatiques et remontent jusqu’à l’assiette des habitants de la capitale.
- Cameroun :
- Au Cameroun, des projets communautaires pour préserver les plantes médicinales
- Les impacts sur l’approvisionnement alimentaire et la santé humaine de la pression exercée sur les forêts communale. Exemple de la forêt du Banyo :
- Sénégal :