Rédaction éphémère portée par MédiAOS

Rédaction éphémère portée par MédiAOS

Renforcer les médias, c'est accompagner les journalistes à monter en compétences et à s’approprier les outils innovants qui transforment en profondeur le métier.

À Cotonou, CFI en a fait la démonstration en réunissant 25 journalistes du Bénin, du Togo et du Tchad lors d'une rédaction éphémère organisée à l'occasion de la Semaine du Numérique en novembre dernier.
Organisée autour de trois desks thématiques – Genre et numérique, Jeunes et numérique, et un desk Direct – cette rédaction a fonctionné comme une véritable agence de presse collaborative, encadrée par un rédacteur en chef et deux coachs éditoriaux. Avec 54 productions recensées (pour un objectif de 25), 16 reprises dans les médias partenaires et un taux de participation de 100 %, l’expérience a largement dépassé les attentes.

L’IA au cœur de la formation

Une formation dédiée à l’intelligence artificielle appliquée au journalisme a été dispensée par Denis Ngarndiguina, expert numérique et IA. Les participants ont découvert et expérimenté des outils concrets : ChatGPT et sa fonctionnalité Deep Research pour les recherches approfondies, Vera pour le fact-checking, et Transkriptor pour la transcription automatique d’entretiens. Au-delà de la technique, la formation a accordé une place centrale aux enjeux éthiques : biais algorithmiques, deepfakes, responsabilité éditoriale face aux contenus générés par l’IA. 
Ce volet a suscité un intérêt si vif que le formateur a dû y consacrer davantage de temps que prévu.

Dès les premières minutes de formation, j’ai senti que le groupe était prêt à apprendre. Je pouvais même entendre : “Je voudrais sortir un moment mais je veux d’abord suivre l’intervention sur l’IA.”
Denis Ngarndiguina,
formateur IA

De nouveaux formats pour toucher les jeunes

Les journalistes ont été formés à quatre formats innovants : le smart brevity (technique d’écriture adaptée aux mobiles), le listicle, le direct écrit en temps réel, et la vidéo verticale face caméra. Parallèlement, des ateliers pratiques sur Canva (création de visuels) et CapCut (montage vidéo sur mobile) ont permis aux participants de produire immédiatement des contenus adaptés aux réseaux sociaux. 
Le mot d’ordre du rédacteur en chef, Eric Le Braz, était clair : Pas de comptes rendus. On s’adresse à des jeunes, on écrit et on filme de manière moderne.

Le genre comme fil rouge

L’approche genre a irrigué l’ensemble des productions : 95% des contenus intègrent des voix féminines, avec une diversité remarquable de profils – de la ministre du Numérique, Aurélie Adam Soulé Zoumarou aux entrepreneuses tech, en passant par des étudiantes. Les sujets traités reflètent cet engagement : accès des femmes à l’IA au Bénin, santé connectée avec l’application Wallab, portrait de Marlise Montcho figure de la tech inclusive, ou encore zoom sur les Amazones du Digital.

Des résultats qui dépassent les attentes

En cinq jours, les 25 journalistes ont produit 54 contenus (articles, vidéos, visuels), soit plus du double de l’objectif initial. Tous les médias bénéficiaires ont relayé au moins deux publications. La visite de la ministre du Numérique à la rédaction éphémère a souligné la reconnaissance institutionnelle de l’initiative. Les enquêtes de satisfaction montrent que 54 % des participants se déclarent très satisfaits et 46% satisfaits, soit un taux de satisfaction de 100%.


Cette première rédaction éphémère de cette envergure en Afrique ouvre la voie à des collaborations transfrontalières durables entre médias du Bénin, du Togo et du Tchad, et démontre que le journalisme innovant et inclusif est possible, même avec des moyens limités.

Recent news from projects on the ground