Saychai Phanthavong

Saychai Phanthavong : bâtir un avenir plus vert

Projet associé

Rédactrice pour le magazine Lines, la jeune diplômée en architecture a rejoint en 2020 le projet Mekong Info durable pour lequel elle a produit sa première vidéo sur des approches agricoles innovantes dans le nord du Laos. Portrait réalisé par Éléonore Sok.

 

"Ce n’est pas seulement aux journalistes d’informer le public, je pense que c’est le rôle de tout le monde", juge Saychai Phanthavong.

Avec son groupe de volontaires, cette jeune laotienne de 26 ans s’est rendue dans le Xiangkhouang, province septentrionale de hauts-plateaux où l’agriculture est reine. "Nous avons rencontré des producteurs qui expérimentent la rotation des cultures", retrace la stagiaire à l’air sage, lunettes rondes et longs cheveux qu’elle glisse derrière l’oreille.

"La première saison, ils plantent du maïs, puis la seconde, ils alternent avec des haricots. Cela permet de renouveler les sols, limite le déboisement de nouvelles parcelles et ces récoltes biologiques sont vendues à un meilleur prix, tout le monde est gagnant ! ", s'exclame-t-elle.

Dans un court reportage, sa toute première vidéo, Saychai interviewe des producteurs, un acheteur chinois amateur de produits laotiens réputés plus naturels que dans l’Empire du milieu et capte la majesté des vertes collines environnantes. "C’était génial de découvrir le monde rural de l’intérieur et pas qu’en simple touriste.

J’ai été touchée par la connexion des villageois avec la nature et j’ai davantage pris conscience de l’urgence écologique", rapporte la jeune femme, curieuse et volontaire. "La vidéo est un format dont les jeunes laotiens sont friands, j’ai donc envie de continuer à apprendre, pour créer mes propres contenus, où je mettrais en avant les sujets qui me tiennent à cœur".

De fervente lectrice à contributrice

Issue d’une famille d’enseignants, Saychai a été à bonne école. "Mes parents m’ont encouragée à lire très jeune et ils me soutiennent dans tout ce que j’entreprends", confie-t-elle. Aimant écrire et dessiner, sensible à l’art, douée en maths, elle s’est orientée vers l’architecture qui lui permettait de combiner ses centres d’intérêts. Diplômée de l’Université nationale en 2017, elle a mis un pied dans le monde des médias dès 2016.

"Ici, on consomme beaucoup de produits culturels thaïlandais, car on peut lire le thaï et le marché local est bien moins développé. Moi-même, je me procurais toutes les revues d’architecture thaï que je trouvais. Alors, lorsque j’ai découvert Lines, un magazine d’architecture local, j’ai eu envie de faire partie de l’aventure ! ", raconte-t-elle.

Saychai devient contributrice en parallèle de ses études : elle rédige des éditos, écrit sur des monuments, s’intéresse à l’aménagement urbain. "Pour moi, l’architecture et le design servent avant tout à répondre à des problèmes. En passant du temps à la campagne, je me suis demandée comment développer des habitations avec des matériaux modernes adaptés à leur milieu et respectueux des normes environnementales", partage celle qui voue un culte au japonais Tadao Ando, le père de l’architecture minimaliste.

Elle se dit aussi inspirée par Hongkad Souvannavong, figure de l’architecture moderne laotienne et grand esthète, concepteur d’instruments de musique et de polices de texte. À son image, Saychai est aussi une touche-à-tout. Elle joue de la guitare et s’est lancée dans la confection de meubles en bois.

"Mon rêve serait de créer un jour mon bureau d’architecture où les médias auront une belle place", conclut-elle. On le lui souhaite.