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3 questions à... Soulaimane Bakbach

Projet associé

Pigiste pour plusieurs médias et rédacteur en chef arabophone de Taja Sport, plateforme spécialisée en sport féminin, le marocain Soulaimane Bakbach est bénéficiaire du projet Paris Médias 2024. Au micro d'Emmanuel de Solère Stintzy, il évoque les enjeux citoyens du sport en vue du plus grand événement sportif de l’année : les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.


Pourquoi et comment êtes-vous devenu journaliste sportif ?
J'avais 4 ans lorsque j’ai vu Zidane marquer deux buts contre le Brésil en finale de la Coupe du monde 1998 à la télévision. Depuis ce jour, j'ai aimé le sport et j'ai voulu devenir journaliste ! J'ai beaucoup travaillé pour réaliser ce rêve, mais j'ai rencontré plusieurs difficultés au début, la plus importante d'entre elles étant le manque d'écoles spécialisées au Maroc. J'ai tout de même obtenu une licence en journalisme à l'Institut supérieur de journalisme et d'information de Marrakech. Je suis ensuite devenu, à 28 ans, rédacteur en chef arabophone de la plateforme Taja Sport qui couvre le sport féminin dans les régions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (Ména).

En tant que journaliste sportif, quel est, selon vous, votre rôle citoyen pour la société marocaine ?
J'essaie de me concentrer sur le handisport et les jeunes garçons et filles habitant dans des villages au Maroc. Je réalise des articles d'investigation et des reportages approfondis pour aider les gens à comprendre le sport dans son ensemble, pas seulement son actualité. Un journaliste sportif doit en effet s'intéresser à la politique, l'économie, les lois, les institutions, etc.
Au Maroc, après les garçons arrivés en demi-finale de la Coupe du Monde de football au Qatar en 2022, les filles pourront peut-être réaliser elles aussi une performance lors des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, car elles ont gagné beaucoup de médailles lors des précédents Jeux. On ne parle pas assez d'elles dans nos médias. Pourtant, cela pourrait améliorer l'image du Maroc à l'étranger, notamment sur l'égalité entre les femmes et les hommes, sujet sur lequel il y a eu beaucoup de changements ces 20 dernières années.
Personnellement, le sport féminin m'intéresse, car nous sommes rares à réaliser des reportages approfondis sur les sportives. Il y a pourtant beaucoup d'angles d'attaque sur lesquels travailler.

Personnellement, le sport féminin m'intéresse, car nous sommes rares à réaliser des reportages approfondis sur les sportives.
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Entretien de Soulaimane Bakbach par Emmanuel de Solère Stintzy aux Assises de Tours © CFI

Que retenez-vous des Assises internationales du journalisme de Tours (25 au 30 mars 2024), auxquelles vous participez aujourd’hui ? Comment allez-vous appliquer ce que vous avez appris pour couvrir avec CFI les prochains Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris ?
Ces Assises m'ouvrent à de nouvelles idées, loin des stéréotypes et de l'actualité. Le public a est en demande d'angles nouveaux. Il a non seulement besoin de savoir qui a gagné, mais aussi ce qui s'est passé avant et après l'événement ainsi que dans les coulisses.
En résumé, ces Assises sont pour moi l'occasion de découvrir d'autres points de vue sur le journalisme sportif, forcément différents du mien. Grâce à mon carnet d'adresses, j'envisage ensuite de réaliser des reportages vidéo ou des articles pour CFI, non seulement sur des sportives marocaines, mais aussi sur des Algériennes, Irakiennes ou Égyptiennes aux Jeux Paralympiques.
Dans la région Ména, certains pensent que les personnes handicapées ne peuvent pas faire ceci ou cela. Moi, je suis au contraire persuadé qu'elles peuvent faire beaucoup de choses, comme gagner des médailles, davantage même que les sportifs dits "valides" !
Par mes productions, je vais aussi essayer de promouvoir l'égalité de traitement médiatique entre sportives de la région Ména et celles d'Europe par exemple. C'est le moment de changer un petit peu les choses.